Je mens à mes parents, qui me croient croyant, à ma femme, qui me croit fidèle, à mes maîtresses, qui me croient infidèle, à mes employeurs, qui me croient modèle, à moi-même, qui ne sais plus que croire.
Je ne peux plus dire la vérité qu'insérée dans un mensonge.
Je ne peux mentir sans quelque texture de vérité; on ne me croirait pas.
Mentir m'a permis d'être libre, d'être moi, d'être sincère. Je ne sais si c'est lâche, égoiste, ou si c'est l'ultime sacrifice.
Mercure, tu me pardonneras cet espace de transparence. Je te trahis pour mieux te servir; et pour te prouver ma fidélité, j'ai parsemé ces mots véridiques de quelques couleurs trompeuses.
dimanche 20 février 2005
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