jeudi 25 décembre 2008

Nativité

En ce jour de la Nativité, retenons cette grande leçon : nous naissons tous pour mourir. Amen, mais le moins vite possible.

Dans la tonalité du texte précédent, j’aimerais vous dire que hier fut à nouveau marqué par la mort.

D’abord, je me suis rappelé l’autre histoire concernant ma voisine qui vit un mort. L’an passé, elle sortait pour promener son chien dans un coin de campagne ponctué par un petit lac. Il faisait brumeux, lorsqu’une femme affolée se précipite vers elle : « mon chien se noyait, mon mari a sauté dans l’eau pour le secourir, je ne l’ai pas vu remonter ». Elle court alerter des secours. Quand elle est revenue, il y avait un attroupement. Elle n’a jamais su si le mari avait refait surface, et rien n’a paru dans les journaux.

Ensuite, ma mère m’apprend que sa sœur est morte. C’était l’aînée des six filles, mais j’ai bien peur qu’elle n'ait ouvert la porte à une suite rapprochée de départs. Etrangement, ma mère n’a rien manifesté, ça m’a beaucoup perturbé. Comme si, à cette époque de la vie, c’était avant tout chacun pour soi devant le grand événement.

Enfin, j’ai vu l’Aveugle, qui m’a raconté que la meilleure amie de sa sœur vient de se faire égorger sauvagement. J’avais bien vu cela en manchette dans la journée.

Mais la journée s’est terminée sur le délicat parfum d’un bonheur fragile. L’amour que nous enterrâmes l’an passé est bien vivant. Nous l'avons enterré bien chaud, il tiendra encore longtemps.