mercredi 27 juin 2007

Jolis sapins


Que faisais-je à B**, l’avant-veille de Noël, dans un village où je n’avais jamais mis les pieds, à me mêler à la maigre population indigène qui revenait de la fête municipale ? J’avais garé ma voiture sur le parking du Denner, et j’avais allumé une cigarette pour consulter le plan, qui me disait la même chose que celui que j’avais consulté il y a dix minutes, à la gare de B***. Gare déserte à 22 heures, étouffée par la brume et la nuit. Car ce village est écrasé par l’à-pic de l’Alpe, dont l’ombre redouble l’obscurité.

J’allais faire le mal, et je m’en réjouissais, car on arrive parfois à un point où rien ne nous permet autant d’acquérir le sentiment d’exister que de faire le mal, et de le faire dans un endroit neuf et pesant. Le village de B**, ce soir-là, s’y prêtait singulièrement, à la fois trop sombre et parcouru par les lueurs des fêtes, à la fois trop calme et agité par les joies de la nativité. Je retrouvais au coeur de mon pays une puissante étrangeté qui me bouleversait et je transportais mes projets maléfiques parmi la foule ténue qui se dissipait lentement le long de la Grand-Rue. Je tressaillais, de joie, de froid et de nervosité. J’ai béni ces gens aimables de m’accorder ces quelques instants purs volés à la vie. Empreinte du mal parmi ces faces débonnaires, je me sentais à la hauteur de l’ogre alpin, terrorisé comme lui de n’avoir plus rien au-dessus de moi.

……….

En m’enfonçant dans la brume dense de l’autoroute, je laissais ma tristesse s’écouler. J’avais déjà oublié le mal, ne me restait que le sentiment persistant d’être mauvais, d’être mauvais sans culpabilité. Mes pensées épousaient les contours imprécis de la route déserte un 23 décembre vers la mi-nuit et tentaient d’oublier cette désolante réalité de la condition humaine, qu’il faut toujours commettre un mal nouveau pour se rappeler à l’existence. C’est alors qu’une mélodie d’une harmonie pénétrante s’est détachée, c’était comme si le Rhône courait, en amour du Léman, là, à côté de ma voiture. Je n’arrive toujours pas à croire que j’ai cru en ce moment au Bien. Le contraste était trop fort, j’en ai pleuré. Je me suis résolu à cet instant à la bonté, non parce que le Bien existe, malheureusement, mais parce que l’image du Bien pouvait s’incruster dans l’harmonie d’une chanson.

jeudi 21 juin 2007

Redivivus

Mendax renaît.

Toujours aussi enflé d'une vanité qu'il rêve profonde.

Toujours aussi inlu, non moins mélancolique, et plus révolté que le jour qui précède.

Le paradoxe, ou le problème, c'est qu'il est plus aimé que jamais.

Ses pages seront noires et son encre blanche .

Car il essaie un rare vrai.