jeudi 25 décembre 2008

Nativité

En ce jour de la Nativité, retenons cette grande leçon : nous naissons tous pour mourir. Amen, mais le moins vite possible.

Dans la tonalité du texte précédent, j’aimerais vous dire que hier fut à nouveau marqué par la mort.

D’abord, je me suis rappelé l’autre histoire concernant ma voisine qui vit un mort. L’an passé, elle sortait pour promener son chien dans un coin de campagne ponctué par un petit lac. Il faisait brumeux, lorsqu’une femme affolée se précipite vers elle : « mon chien se noyait, mon mari a sauté dans l’eau pour le secourir, je ne l’ai pas vu remonter ». Elle court alerter des secours. Quand elle est revenue, il y avait un attroupement. Elle n’a jamais su si le mari avait refait surface, et rien n’a paru dans les journaux.

Ensuite, ma mère m’apprend que sa sœur est morte. C’était l’aînée des six filles, mais j’ai bien peur qu’elle n'ait ouvert la porte à une suite rapprochée de départs. Etrangement, ma mère n’a rien manifesté, ça m’a beaucoup perturbé. Comme si, à cette époque de la vie, c’était avant tout chacun pour soi devant le grand événement.

Enfin, j’ai vu l’Aveugle, qui m’a raconté que la meilleure amie de sa sœur vient de se faire égorger sauvagement. J’avais bien vu cela en manchette dans la journée.

Mais la journée s’est terminée sur le délicat parfum d’un bonheur fragile. L’amour que nous enterrâmes l’an passé est bien vivant. Nous l'avons enterré bien chaud, il tiendra encore longtemps.

mardi 23 décembre 2008

Dies letalis

Ce jeudi s’est bien mal passé.


Le matin

Le matin, encore une fois, une année après, je conduisais une femme à l’aéroport. Encore la séparation, encore des cœurs angoissés, encore des corps amaigris. Le rituel insupportable du café qui envenime l’estomac, tellement c’est dur, l’impatience d’abréger les supplices et une révolte insensée contre cette vie qui nous revêt toujours d’oripeaux de deuils.


L’après-midi

L’après-midi, ma nouvelle voisine, qui vient de déménager dans le bureau maudit - celui de l’Aveugle qui démissionna deux fois - frappe à ma porte, la referme hâtivement et me dit, les larmes aux yeux : « je viens de voir un mort ». Le pauvre type, ivre mort, s’était étouffé, la tête plongée dans la neige. Elle l’avait relevé, pris son pouls, il était encore chaud. Elle avait pensé à son mec, qu’elle avait dû jeter, et qui se soûlait à mort parfois. Elle pensait que ça aurait pu être lui, et qu’elle en était responsable. Je lui ai dit que non, mais je sais trop bien qu’on est toujours responsable du malheur qui touche nos proches.


Le soir.

Le soir, pour la première fois de ma vie, j’ai oublié d’aller au foot. C’était ma seule chance de consolation aujourd’hui.

mercredi 10 décembre 2008

MTV

Un groupe qui monte et qui déchaîne les jeunes filles m'a proposé de figurer dans leur prochain clip pour MTV. Je suis un "hot bod", paraît-il. 

Vous ne me croyez pas et je vous emmerde.