mercredi 10 juin 2009

Un peu de sociologie religieuse

On m’a dit que je parlais trop de cul, et je suis bien d’accord ; voici donc un billet socio-religieux.

Rencontré hier, à midi, L***, qui est une hypostase de la sainte Trinité. Elle m’attendait au métro de Montmorency, ce qui vous campe une sociologie.

J’ai vécu avec elle, dans un passé indistinct, ma seule expérience de débauche évangélique. Pénétrés jusqu’à l’os et la nausée d’alléluias, de « le Seigneur est merveilleux », de Jean 3 :16, de « brise-moi ô Eternel » et d’exaltation au-dessus des nuées, nous voulions nous purger solidairement dans le stupre, l’abomination et la désolation. Elle Jézabel et moi Epiphane, nous replâtrions par nous souillures complices les fêlures sociales et psychologiques que les rigueurs d’une doctrine subie dans nos tendres années avaient causées durablement. Sans grandeur, sans sophistication, une simple confession de non-foi scandée turpidement par nos chairs.

Elle m’attendait donc, avec son éternel maquillage de supermarché, son esprit qui n’outrepasserait jamais les bornes du bon sens, comme si la simplicité évangélique, chez elle, s’était traduite benoîtement dans l’adhésion à la vulgate du psychologisme contemporain.

Nous avons dîné sur ces affreuses avenues marchandes, en mettant à jour nos histoires. Elle affiche dorénavant sa croyance périurbaine dans la religion du couple ; j’ai révélé mon oscillation entre l’athéisme et le nicodémisme à ce propos, tout en constatant, avec plaisir que sa foi vacillerait toujours, et qu’elle pourrait bien être ébranlée.