J’ai rendez-vous avec Franz dans cinq minutes. Je parie qu’il sera à l’heure, et même trente seconde avant la minute. Je m’en veux d’accepter encore des rendez-vous qui me font chier à ce point. Il me demandera des conseils sur sa carrière, son futur, or je n’ai rien à foutre de sa carrière, son futur, sa vie. C’est triste, mais c’est comme ça. J’ai essayé d’être courtois quelques fois, et du coup il vient me sucer la moelle et me prend pour La Boétie. J’avais oublié ce vieux garçon, qui respire l’ennui, la poussière, le brun délavé, qui trouve dans les livres une compensation au terne de son existence, quand l’autre jour, alors que je roulais à vélo, j’entends hurler mon prénom dans la rue. J’ai fait l’erreur de me retourner, c’était lui. D’où ce rendez-vous, au Remor. Je suis venu tôt, on sait jamais, y a parfois de jolies filles. Mais je le vois arriver au loin, je rêve qu’une grue lâche sa cargaison, proprement. Bon, je vous quitte. Sauvez-moi !
mardi 4 août 2009
Inscription à :
Articles (Atom)