Ce jeudi s’est bien mal passé.
Le matin
Le matin, encore une fois, une année après, je conduisais une femme à l’aéroport. Encore la séparation, encore des cœurs angoissés, encore des corps amaigris. Le rituel insupportable du café qui envenime l’estomac, tellement c’est dur, l’impatience d’abréger les supplices et une révolte insensée contre cette vie qui nous revêt toujours d’oripeaux de deuils.
L’après-midi
L’après-midi, ma nouvelle voisine, qui vient de déménager dans le bureau maudit - celui de l’Aveugle qui démissionna deux fois - frappe à ma porte, la referme hâtivement et me dit, les larmes aux yeux : « je viens de voir un mort ». Le pauvre type, ivre mort, s’était étouffé, la tête plongée dans la neige. Elle l’avait relevé, pris son pouls, il était encore chaud. Elle avait pensé à son mec, qu’elle avait dû jeter, et qui se soûlait à mort parfois. Elle pensait que ça aurait pu être lui, et qu’elle en était responsable. Je lui ai dit que non, mais je sais trop bien qu’on est toujours responsable du malheur qui touche nos proches.
Le soir.
Le soir, pour la première fois de ma vie, j’ai oublié d’aller au foot. C’était ma seule chance de consolation aujourd’hui.
1 commentaire:
Glp.
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