lundi 16 juin 2008

Lames

Ma mère mangeait au coin de la table. J’ai réchauffé mon assiette, et je suis monté manger sous mon toit.

Il y a des jours où je me sens comme une créature aux bras multiples, dont chaque main enfonce un poignard létal dans le cœur d’êtres débonnaires. De fines lames qu’ils ne sentent pas pénétrer, sinon par un petit picotement chaud qui précède une douleur lancinante. J’esquive leurs yeux innocents et surpris, dont les pupilles désespérées se chargent d’amour déçu. Comme j’ai déjà tourné les talons, leurs regards plantent dans mon dos les haches monstrueuses de la culpabilité, et ainsi bardé de ce fardeau, je quête follement un bonheur nouveau.

4 commentaires:

Roxanne a dit…

cruel et triste non? la culpabilité est le plus lourd des sentiments à porter... il nous consumme et nous écrase, il nous déchire et nous glace. Magnifique petit texte, comme un cadre accroché au mur.

Miléna a dit…

Mendax, tu as tout d'un homme vêtu d'une cape et d'un chapeau à large bord. Tu es une ombre qui court dans les ruelles, un séducteur qui tient les femmes prises et éprises. Avec tes mots tu viens nourrir des images qui se superposent étrangement à la réalité, tu as une façon de dire les choses qui à la fois glace et fait fondre. Mendax. Un sacré personnage. Je crois que si je te croisais, je te reconnaîtrais.

Mercurius Mendax a dit…

Merci Roxie !

Miléna, j'aurai bien besoin de cette cape et de ce chapeau, tes phrases sont décoiffantes et décapantes.

Miléna a dit…

Tu vois, c'est pour ce genre de commentaire que je m'accroche toujours les pieds ici.