mardi 28 juillet 2009

Présence

Ah le Léman et ses courbes maternelles ! Tous les apaisements, toutes les réconciliations semblent possible. Retrouver ses frères autour d’harmonies musicales, combler les vides. En juin, sur les hauteurs du Lavaux, parmi les vignobles en terrasses, pour la première fois, nous nous produisons ensemble. Le petit frère dirige, dompte, donne unité à la variété des voix, je dévoile, dénoue, déchiffre les couches de sens. Les initiés sont intrigués et émus par ce duo fraternel, et nous faisons mine de rien, comme de coutume. Je vais encore le voir à l’église de la Madeleine, l’Aveugle se glisse à mes côtés vers la fin du concert, et nous applaudissons ensemble. Quelques jours plus tard, il dirige pour la première fois dans la Cathédrale, lors du jubilé du grand Réformé, l’emblème de la ville, qui a même donné son nom à une bière. Quand j’arrive il n’y a déjà plus de place, je reste debout tout au fond. Je regarde entrer la ridicule théorie des autorités, chacune accompagnée de son huissier jaune et rouge, et quand ça commence, je suis bêtement heureux, parce que je suis présent.




p.s. ce successeur de Calvin, sur la chaire à gauche, était mon professeur de physique

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