mardi 11 août 2009

Hendiadys

Après avoir tâté l’espoir de devenir spécialiste mondial du chiasme, puis de l’hypallage, j’ai eu un retour de printemps pour l’hendiadys. J’avais fait les premiers pas dans ce domaine sensible avec le fameux arma virumque cano, qui ne m’avait pas plu outre mesure, quand récemment je hurlais un vieux chant religieux sur mon vélo, au cours duquel j’ai été frappé par les paroles suivantes : « j’aime et j’entends tous les oiseaux chanter ». Je me suis dit, stupéfait : « wouf, un hendiadys verbal dans un cantique bucolique ». Je ne sais pas si l’hendiadys verbal existe, mais il me semble bien que quand l’auteur écrit « j’aime et j’entends les oiseaux chanter », il veut dire : « j'aime entendre les oiseaux chanter » ; de même que Virgile, lorsqu’il écrit « je vais chanter les armes et le héros », veut dire « je vais chanter les armes du héros ». Ainsi donc, j’émets l’hypothèse fragile que cette conjonction entre les deux verbes relève tout autant de l’hendiadys qu’une conjonction entre deux substantifs.


En vérifiant les paroles du cantique, j’ai eu une déception : les paroles exactes disent « J’erre et j’entends » et non « j’aime et j’entends ». J’ai fantasmé un hendiadys sur une louange bucolique.

1 commentaire:

Caroline a dit…

Ton existence est la preuve suprême de l'inutilité de la vie.