lundi 18 janvier 2010

Itaque

Fin mot de l’histoire, j’ai encore manqué deux avions avant d’arriver, dormi dans l’aéroport de Chicago et égaré mes bagages, dont l’un a été attribué à un autre voyageur. Je discutais avec une préposée à terre, qui me disait qu’officiellement j’étais dans l’avion. Il faut dire que pour le dernier avion que j’ai manqué, j’étais parvenu jusqu’à la porte d’embarquement, j’avais montré placidement mon ticket et j’étais même déjà rentré dans le couloir vers l’appareil, sauf que l’ami Max avec lequel je voyageais s’était fait bêtement retarder à la sécurité pour avoir oublié dans son sac sa bouteille de Coca à moitié entamée. Je veux l’attendre. Un badge me pousse dans le couloir, car l’aéroplane, excédé, part ; je l’envoie péter, et je ressors. Max arrive piteux, je lui fais signe qu’on est bon pour faire dodo ici, il a une lueur de désespoir dans les yeux. Nous produisons quelques gags cochons pour nous remonter le moral, cherchons où crécher quelques heures et prenons le premier vol du matin. J’arrive à destinations barbu et puant, quelques minutes avant le cours, que je donne, décontracté du gland, avec seulement quatre jours de retard et dans un état de désorganisation rafraîchissant. Mon frère va partir en Haïti quelques heures plus tard, je le vois à la télé prenant le train pour Zürich, il sera arrivé bien plus vite que moi pour une tâche bien moins anodine.

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