mercredi 17 juin 2009

Ma nuit en images

J’ai fait ce soir une des choses que j’aime le plus au monde, errer de nuit. Je suis parti peu après minuit. La dernière fois que j’ai regardé ma montre, il était 00:00. On voit quantité de belles images, de nuit, et on pense comme on erre, tout en sinuosité. J’ai vu près de la rue Plantamour un homme qui ressemblait terriblement à Ian McShane. Il devait sortir du casino ou du Noga, je l’ai fixé longtemps. Je me suis arrêté à quelques pas au bord du lac, pour revoir mon endroit fétiche où j’ai écrit avec tant de fluidité les pages décisives de ma thèse. Il y a un petit banc, un lampadaire, et un bateau amarré. J’ai dérangé un peu un cygne qui dormait avec 4 petits. Je me suis demandé s’il y avait un nom pour les petits du cygne. J’ai pensé une fois encore à la nouvelle de Villiers de L’Isle-Adam, où un bourgeois tord le cou à un cygne pour en goûter le chant. J’ai regardé la statue de l’Impératrice Sissi, assassinée ici en 1898, derrière le cou. Je suis arrivé par hasard devant le lieu où a été tué un célèbre banquier, par sa maîtresse, lors de pratiques algolagniques ; le procès de la meurtrière tient la ville en haleine ces jours-mêmes. En passant par le petit square de la rue des Voisins, devant l’Eglise Saint-François, j’ai vu de loin une dame dans la pénombre qui semblait lire sous un lampadaire. En approchant, j’ai compris qu’elle mangeait un restant de pizza devant une poubelle. Ca ma révolté, et je me suis dit que je ne devrais pas aller à cette soirée de fils à papa, où il faut se déguiser en corsaire. Sur le chemin du retour, je filais à vélo entre les rails du tram sur la rue de Carouge, quand j’ai vu un crâne chauve me croiser à grande vitesse, à vélo également. On s’est regardés, j’ai cru reconnaître mon ami A*** et il a certainement cru reconnaître son ami S***. Mais il faisait nuit, j’avais une casquette et son crâne me paraissait trop chauve par rapport à hier, quand on s’est fumé deux pétards en regardant Etats-Unis-Italie. C’est lui qui veut que je fasse le corsaire. A la place d’Armes, une jeune fille, très belle mais très saoule, tente de monter sur son vélo, devant un grand niais qui n’ose rien faire. Elle s’étale de tout son long avant même d’avoir trouvé un point d’équilibre. Le grand niais trouvera bien un taxi. Je rentre par la porte de côté, dans la cuisine. Ma mère s’est réveillée. En montant au troisième étage, je l’entends dire : « il y a une tartelette aux fraises dans le frigo ». Je lui réponds : « elle est dans ma main ».

3 commentaires:

Anonyme a dit…

Que ce soit dans mon enfance...dans ma jeunesse...dans ma vie adulte...me restera a vérifier dans ma vie de vieille mais..j'ai jamais eu de tartelette au fraise dans le frigo qui m'attendait!!

Comme y en a qui ont de la chance sur cette terre!!

J'appele à la révolte!!

Mercurius Mendax a dit…

Je l'ai payee cher cette tartelette !

Anonyme a dit…

D'accord,je démobilise les troupes,nous rapatrions les drapeaux,nous irons retrouvé nos femmes,maris,et nos enfants...et ne nous coucherons pas trop tard ce soir.